Quoi
de neuf sur Quoietou ce mois ci :
- Une
idée week end à
Thonon-les-Bains.
- La maison du tournage de « Jour de Fête » de Jacques
Tati à Sainte-Sévère dans les
news.
- Un lien en destination
de la Haute-Saône.
- Des randonnées gourmandes en compagnie des disciples d’Escoffier
dans
les news..
Edito
de mai juin juillet 2009 :
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Baisse
de la TVA dans la restauration :
un
piège pour les restaurateurs et un miroir aux alouettes pour
les consommateurs, ou bien un bonheur dans l’assiette ?

Depuis
de nombreuses années, l’ex-président de l’union
des métiers de Bouche, André Daguin a guidé les
restaurateurs dans un combat visant à améliorer leurs
comptes d’exploitation par une baisse la TVA !
Or, sur un plan purement comptable, cette démarche n’était
pas la plus juste ! En effet, la rentabilité d’un restaurant,
comme celle d’une autre entreprise, se juge sur son chiffre d’affaires
hors taxe et non sur le toute taxe. Un prix de vente se calculant d’abord
en hors taxe, une diminution de la TVA doit donc en premier lieu bénéficier
au client.
La stratégie de M Daguin n’était donc pas la plus
appropriée. Le sachant, il introduisit alors une notion plus
large que la simple rentabilité pour y adjoindre des promesses
d’avancées sociales et d’essor des investissements
dans la corporation.
En outre, l’Europe était farouchement opposée à
ce projet !
Mais, en ce début d’année 2009, ce que l’on
considérait depuis longtemps comme une illusion perdue devint
miraculeusement une réalité.
L’évènement se devait d’être fêté
et donna donc lieu à des assises de la restauration au Palais
Omnisports de Bercy. Au cours de cette grand-messe, la profession a
donc eu la joie de se voir confirmer la bonne nouvelle au taux souhaité,
avec en plus une application quasi immédiate ! En contrepartie,
la profession s’est engagée sur une baisse des prix, des
avancées sociales et un plan de rénovation drastique des
établissements.
Ce que l’on oublie de préciser, c’est que les restaurateurs
bénéficiaient depuis la mise en place de la loi Tepa,
d’une prime dite « Sarkozy » pour alléger les
charges sociales. Celle-ci va bien évidemment leur être
supprimée.
Dans la presse professionnelle, on chante la victoire à l’unisson,
sauf Régis Bulot président de la chaîne "Auberge
et Bistrots de France "qui demande, avant de se prononcer, d’analyser
le cadeau avec son expert comptable. Entre nous il a raison et pour
vous permettre, à votre tour de vous faire une opinion, je vais
vous présenter la simulation que j’ai faite avec ma comptable
pour ma propre entreprise :
Réalisant un chiffre d’affaires de 900 000.€ H.T (hôtel
+ restaurant), mon gain sera de 50.000€. Actuellement j’emploie
à l’année 17 personnes à temps complet plus
une en contrat à durée déterminée de 8 mois.
Dans l’esprit de cette réforme, je vais pérenniser
ce dernier contrat, ce qui signifie que je vais créer un quart
d’emploi qui me fera une charge supplémentaire d’environ
8000.€ Il me restera donc 42.000 € desquels je devrais enlever
ma prime « Sarkozy » d’un montant de 30.000 €.
Le solde, 12.000 €, soit 1000.€ par mois, devrait donc me
servir à faire des investissements et à baisser mes prix.
Admettons que je baisse mes prix de 1.€ (prix moyen actuel au couvert
: 20.€), et accueillant 2000 couverts par mois, cela me donne déjà
un solde déficitaire de -1000.€ par mois !
Alors, je crois qu’effectivement c’est bien Monsieur Bulot
qui a raison d’être prudent et je crains que dans deux ans,
lorsqu’il faudra faire le bilan, il y ait bien des déceptions.
En attendant, comme le dit le Ministre, ne boudons pas notre joie mais
espérons quand même que la sortie de la crise soit un réel
amplificateur de succès aux affaires.
Ainsi
vont vos loisirs !
Pierre
Marie Audebert.
N’oubliez
pas de me faire part de vos remarques et observations par la rubrique
contact.